Plusieurs facteurs peuvent augmenter les chances d'un enfant à devenir délinquant, tels la pauvreté, la violence, l'alcoolisme parental, l'hyperactivité, les troubles d'apprentissage, etc. De plus, on peut ajouter pour les familles immigrées d'autres facteurs tels les difficultés d'adaptation, l'intolérance de certains face aux différences, de même que le choc de deux cultures (familiale et sociale). Tous ces facteurs peuvent contribuer à l'apparition de comportements délinquants. Cependant, bien des jeunes, issus de familles dites «normales» se retrouvent également «délinquants». Or, ces jeunes délinquants en viennent à se regrouper puisqu'ils seront jugés ou considérés comme déviants. À ce moment, il est facile de voir l'escalade qu'amène l'influence des délinquants entre eux quant aux délits commis. Dans le milieu scolaire, les délinquants travaillent moins parce qu'ils ne sont pas motivés, ils désirent en sortir le plus rapidement possible. Cependant, ils ne sont pas paresseux, ils s'ennuient tout simplement. La famille joue un rôle important en ce qui a trait à l'adaptation scolaire. Or, une carence en milieu familial entraîne des difficultés. Par exemple, le manque de supervision parentale et le manque d'intérêt lié à ce que l'enfant fait, n'amène certainement pas le jeune à se dépasser. Pour ces jeunes, l'école ne représente pas la vraie vie, il n'y a pas de surprises, d'action ou d'excitation. Tandis qu'à l'extérieur de l'école ou dans leur gang, ils font de l'argent plus vite, ils mènent une vie plus libre, plus aventureuse, plus dangereuse que la vie ordinaire.
>En ce qui a trait aux délits commis, on distingue deux phases importantes: la première, une période d'initiation réciproqie pendant laquelle de petits groupes de camarades s'encouragent mutuellement à commettre des délits simples; la deuxième, un apprentissage technique, c'est-à-dire une période de consolidation pendant laquelle les délinquants font l'acquisition du savoir-faire et des relations nécessaires pour commettre des délits présentant des difficultés d'exécutions supérieures.
>>Le crime n'est pas associé à une vision négative, à l'inverse, il représente un acte courageux, intelligent ayant mis la force du jeune à l'épreuve. Donc, en plus de s'influencer, de rendre le crime moins dangereux, lorsque que fait à deux, ils en font une valorisation. Alors, il n'est pas étonnant de voir les gangs grossir et se structurer.
>Dans un gang les jeunes sont caractérisé par le besoin d'acquérir du prestige au sein de la bande (statut), et l'accession à des biens matériels seraient deux facteurs incitatifs à cette transition.
>Les comportements délictueux seraient les symptômes d'une crise de vie, l'abandon affectif, ou encore de dysfonctionnements du système familial. Le second type, appelé délinquance passagère, serait le fait de la majorité des adolescents commettant des actes délictueux. Ce type de délinquance fruit des changements se produisant à l'adolescence tels la recherche d'une identité propre pour l'adolescent, la remise en question de l'autorité venant de l'adulte (tester les limites) et des valeurs qui leurs furent inculquées par ces derniers. C'est pourquoi, ce type de délinquance aurait une forte tendance à disparaître au-delà de l'adolescence . Le dernier type est la délinquance de précarité. Elle se manifesterait par un sentiment de précarité sociale actuelle et future. Il y aurait un enracinement de la délinquance dans les conditions de vie de l'adolescent. Il y aurait persistance et augmentation des délits et de leur gravité.
>Il est exceptionnel qu'un groupe se constitue en vue de commettre des actes de délinquance. La presque totalité des groupes aux activités asociales ou délinquantes ne différaient en rien, à l'origine, des autres regroupements d'adolescents.
>Le temps de disponibilité est un pré-requis important dans la constitution d'une bande. Pour la délinquance proprement dite, ce temps disponible est tout aussi essentiel. Les membres de groupes délinquants sortent plus souvent et plus tard le soir, ils participent plus rarement à des activités socio-culturelles ou à des mouvements jeunesse. Si l'on considère que les actes délictueux commis par les gangs de jeunes se produisent lors des congés scolaires, la fin de semaine et sur semaine vers 15 heures et entre 18 heures et 2 heures du matin, on peut déceler ici, le lien très direct unissant l'heure où les délits sont commis et le temps de disponibilité des jeunes. Un autre facteur important, la diminution de la surveillance parentale, ce manque pourrait être le fait que les deux parents travaillent, inconscients de ce qui se passe, manquent de moyens pour intervenir ou encore ils ont abdiqué ou sont totalement désintéressés. La délinquance pourrait être pour eux un moyen de combler un désir qu'ils ont de voir la société s'intéresser à eux.